Dépistage du cancer et des troubles de la prostate : santé des hommes ou machine à fric ?

Thierry Casasnovas
L'ÉQUIPE RGNR
29/11/2019

L'Association française d'urologie recommande à tous les hommes de 50 à 75 ans un dosage sanguin du PSA (antigène spécifique de la prostate) et un toucher rectal systématiques. Thierry part de cette recommandation pour en examiner la pertinence scientifique et les intérêts qu'elle sert.

Des études datant de 1954 montrent déjà que 70 à 80 % des hommes passé 60-65 ans présentent des cellules cancéreuses dans la prostate sans que cela n'affecte leur santé ni leur espérance de vie. Détecter des cellules cancéreuses ne dit donc rien sur l'évolution réelle de la maladie, et le test PSA est reconnu depuis plus de 40 ans comme un marqueur insuffisant pour établir un diagnostic fiable.

Thierry explique le rôle de la prostate, la mécanique de son élargissement et le lien documenté entre hyperinsulinémie chronique, hormones de croissance et hypertrophie des glandes à l'âge adulte. Il revient aussi sur les inhibiteurs de la 5-alpha-réductase, les médicaments prescrits pour bloquer l'élargissement, et sur les risques liés au fait de bloquer la conversion testostérone-DHT sans en comprendre toutes les implications.

Des études récentes montrent que l'exercice physique adapté et une alimentation de qualité produisent des résultats au moins équivalents à ces traitements médicamenteux sur la prévention des cancers de la prostate. Thierry distingue clairement dépistage et prévention, et argumente que les ressources devraient aller vers l'éducation en hygiène de vie plutôt que vers des protocoles de détection dont la finalité principale est de prescrire des traitements coûteux aux effets secondaires sévères.


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