L'allaitement naturel du bébé : le lait comme seule nourriture de la prime enfance

Thierry Casasnovas
L'ÉQUIPE RGNR
03/07/2015

Dans cet entretien, Thierry reçoit Marion, sage-femme, pour faire le point sur les recommandations réelles en matière d'allaitement. Les préconisations de l'OMS sont claires : six mois d'allaitement exclusif, puis deux ans avec une alimentation complémentaire. Pourtant, ces seuils sont rarement atteints en France, notamment parce que la reprise du travail à dix semaines rend la chose très difficile en pratique.

Marion insiste sur un point central : il n'existe aucune alternative physiologique au lait maternel pour un nourrisson. Sa composition évolue au fil des semaines et même au cours d'une même tétée, passant d'un lait léger et sucré en début de séance à un lait riche en graisses en fin de tétée. Le lait artificiel, lui, ne reproduit pas cette dynamique et reste très éloigné des besoins réels du bébé.

Les contre-indications à l'allaitement sont en réalité très peu nombreuses : charge virale VIH positive, certaines chimiothérapies. Pour la grande majorité des traitements courants, y compris les antibiotiques, arrêter d'allaiter n'est pas justifié, et Marion recommande aux médecins de consulter le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes) avant de le conseiller. Elle aborde aussi la question des mères qui détoxifient ou traversent une période de fatigue intense, et explique pourquoi continuer à allaiter reste préférable dans ces cas.

La première cause d'arrêt prématuré est l'épuisement maternel, souvent aggravé par un manque de soutien de l'entourage et par des pratiques hospitalières comme le biberon de complément, qui crée une confusion sein-tétine et décourage les mères. Marion présente les ressources disponibles, notamment la Leche League, et rappelle que l'allaitement à la demande ou rythmé reste une décision qui appartient à chaque mère, à condition qu'elle garde la main sur la relation.


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