10 ANS RGNR (jour 5) : Le jeûne, pénurie et raréfaction alimentaire avec Slobodan Despot

Thierry Casasnovas
L'ÉQUIPE RGNR
18/02/2021

Cette conversation réunit Thierry Casasnovas et Slobodan Despot, rédacteur en chef de l'hebdomadaire Anti-Presse, déjà invité sur RGNR en juin précédent. Le point de départ est concret : Slobodan a mené un jeûne complet d'environ 16 à 17 jours dans un centre spécialisé au bord du lac Baïkal, suivi d'une période de réalimentation progressive sur le reste du séjour.

Il décrit les conditions pratiques de ce jeûne : les longues marches quotidiennes sur le lac gelé par -12 à -15 degrés, les massages thérapeutiques pour accélérer l'élimination des toxines, et la gestion des douleurs dorsales qui accompagnent chez lui chaque période de jeûne prolongé. Il revient aussi sur la dimension psychologique et ontologique de l'expérience, ce sentiment de se défaire d'un attachement fébrile à soi-même que plusieurs traditions religieuses ont codifié sous forme de pratiques de privation.

La conversation élargit ensuite le propos vers le contexte médical et politique. Les deux interlocuteurs examinent pourquoi le jeûne intégral reste marginalisé dans la médecine conventionnelle, en retraçant l'histoire de la mainmise de l'industrie pharmaceutique sur les systèmes de santé occidentaux depuis le début du XXe siècle, et comment ce verrouillage se perpétue aujourd'hui via des pressions sur les médecins, la réécriture de pages Wikipedia ou le déremboursement de certaines pratiques.

La dernière partie aborde la question de la pénurie alimentaire comme scénario concret. Slobodan et Thierry expliquent l'ordre dans lequel le métabolisme consomme ses réserves lors d'un jeûne prolongé (graisses, puis muscles, puis cartilage, le cœur et le cerveau en dernier), et pourquoi cette séquence physiologique rend le jeûne non seulement viable mais potentiellement stratégique en cas de raréfaction des ressources alimentaires. Ils soulignent que le jeûne ne nécessite aucune infrastructure, aucun produit, et que c'est précisément ce qui en fait, selon eux, une pratique incompatible avec un système économique indexé sur la maladie et la dépendance.


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