Observation et compréhension des systèmes naturels / Eric Escoffier n°4/7

Thierry Casasnovas
L'ÉQUIPE RGNR
16/03/2015

Cette quatrième conversation avec Éric Escoffier part d'un constat central : nos systèmes de production humains sont des systèmes ouverts, c'est-à-dire qu'ils importent des ressources extérieures et rejettent des déchets, là où les systèmes naturels bouclent sur eux-mêmes. Éric explique la distinction entre système ouvert et système fermé, et pourquoi cette différence est décisive pour comprendre l'inefficacité et la pollution de nos modes de production actuels.

La forêt sert ici de modèle concret : chaque élément du système voit ses besoins couverts par les productions des autres éléments, sans apport extérieur significatif. Éric détaille pourquoi un système fermé ne produit pas de pollution par définition, puisque toute production devient ressource pour un autre maillon, et il illustre cela avec l'exemple de l'eau filtrée par les sols forestiers comparée aux fleuves chargés de sédiments en zones déboisées.

La seconde partie de l'entretien introduit la notion de patterns, ces formes récurrentes que l'on retrouve dans la nature à toutes les échelles : ramifications des arbres, des poumons, des rivières, des deltas. Éric montre que ces formes ne sont pas ornementales mais fonctionnelles, qu'elles répondent à des contraintes physiques précises et qu'elles constituent la base sur laquelle la permaculture construit ses principes de conception.

L'entretien se conclut sur un principe de permaculture souvent cité par Éric : la lenteur à laquelle une ressource traverse un système compte davantage que la quantité de cette ressource. Ce principe, directement tiré de l'observation des systèmes fermés, résume bien la logique générale de la permaculture, qui cherche à maximiser les interactions internes plutôt qu'à augmenter les flux entrants.


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