Parkinson, gluten, analyses de sang & génétique... le sens du symptôme N°3

Thierry Casasnovas
L'ÉQUIPE RGNR
10/02/2017

Cette session aborde une question revenue plusieurs fois en consultation : que faire d'un test génétique qui signale des variants associés à des pathologies lourdes, comme Parkinson ou la drépanocytose ? Thierry pose d'emblée le cadre : le matériel génétique est une donnée de départ, mais son expression dépend du contexte environnemental, et c'est sur ce contexte que l'on peut agir.

Le débat s'élargit ensuite aux analyses de sang et à leur interprétation. L'exemple du cortisol est particulièrement éclairant : en France, un seul prélèvement veineux à un instant T sert de base à un diagnostic, alors qu'aux États-Unis on considère que cette mesure est biologiquement inutilisable sans au moins trois ou quatre prises salivaires réparties sur la journée. La question posée n'est pas de savoir si le chiffre est dans les normes, mais si le protocole de mesure reflète réellement ce qui se passe dans le corps.

Le même raisonnement s'applique aux tests d'intolérance alimentaire et aux bilans de vitamine B12. Identifier un gène lié à l'intolérance au gluten ne prouve pas que ce gène est la cause du problème, et réduire la palette alimentaire d'une personne à partir de deux ou trois critères isolés peut aggraver les carences plutôt que les corriger. Thierry insiste sur le fait qu'aucun élément biologique ne fonctionne seul : la B12 interagit avec d'autres vitamines, le foie n'existe qu'en relation avec les autres organes.

La conclusion du groupe rejoint le fil conducteur de la série : se focaliser sur un symptôme isolé, qu'il soit génétique, biologique ou alimentaire, revient à regarder l'arbre en oubliant la forêt. Tant que l'attention reste fixée sur un marqueur particulier, le problème de fond ne peut pas être vu dans sa globalité, et l'on passe d'une mode à la suivante sans résoudre quoi que ce soit.


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