PODCAST - Les oxalates : ennemis numéro 1 ou énième simplification ?

Thierry Casasnovas
L'ÉQUIPE RGNR
27/06/2025

Les oxalates font peur en ce moment, surtout dans les milieux de la santé naturelle. Dès qu'un jus de légumes ou une betterave est mentionné, quelqu'un arrive pour signaler le danger. Pascal, coach RGNR, remonte à la source de cette oxalatophobie et explique d'où vient cette vague d'alertes, notamment autour du livre américain Toxic Superfoods paru début 2024 et de ses déclinaisons françaises.

Avant de parler de danger, Pascal pose les bases : ce que sont réellement les oxalates, leur rôle dans la plante (gestion du calcium, défense mécanique via les raphides, équilibre acido-basique), et la façon dont un organisme en bonne santé les traite. La bactérie Oxalobacter formigenes et d'autres souches du microbiote intestinal dégradent normalement ces molécules avant qu'elles ne passent dans le sang. Le problème commence quand ce microbiote est appauvri par les antibiotiques, les aliments ultra-transformés ou les perturbateurs chimiques.

Pascal distingue ensuite les cas réels où un excès d'oxalates peut poser problème (calculs rénaux, inflammations articulaires, dépôts dans les tissus mous) des scénarios fantasmés. Il insiste sur les conditions précises nécessaires pour que ces dépôts se forment : intestin poreux, microbiote défaillant, reins fatigués, carence en calcium. Ce n'est pas un jus de betterave occasionnel qui crée ces conditions, mais des années de terrain malmené.

Le podcast aborde aussi la question de la cuisson comme solution : elle réduit partiellement les oxalates (jusqu'à 60-70 % en ébullition prolongée avec rejet de l'eau), mais elle dégrade aussi les minéraux, les vitamines hydrosolubles et les polyphénols fragiles. Surtout, elle ne restaure pas un foie saturé ni un intestin poreux. La conclusion de Pascal est claire : supprimer un aliment soulage parfois un symptôme, mais reconstruire le terrain est la seule voie qui tient sur la durée.


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