Une société sans éducation ?

Thierry Casasnovas
L'ÉQUIPE RGNR
03/07/2015

Cette conversation part d'un constat simple : toutes les réformes éducatives discutent du comment éduquer, jamais du pourquoi. Jean-Pierre, ancien enseignant, pose la question autrement en demandant si une société peut fonctionner sans éducation du tout, c'est-à-dire sans que quiconque décide pour un autre ce qui est bon pour lui.

Une partie importante de l'échange porte sur l'histoire du mot « éducation », apparu en français vers 1500 avec le sens d'alimenter, et qui ne prend son sens actuel qu'autour de 1800, au moment précis où l'industrialisation a besoin de travailleurs formatés à l'heure fixe, à l'espace contraint et à l'obéissance. L'école y est décrite non comme un lieu de savoir, mais comme un entraînement à la soumission structurelle.

Jean-Pierre distingue ensuite l'apprentissage de l'éducation : un enfant apprend inévitablement, par imitation et par contact avec son milieu, qu'il soit scolarisé ou non. Ce qui détermine ce qu'il apprend, c'est l'environnement dans lequel il grandit, pas l'intention pédagogique d'un adulte. Il cite des exemples concrets de familles et de peuples dits premiers qui fonctionnent sans éducation formelle.

La conversation aborde aussi la notion de transmission, que Jean-Pierre remet en cause : on ne transmet pas un savoir comme on transmet un objet, on apprend en faisant et en observant quelqu'un faire. Enfin, les deux interlocuteurs évoquent les conditions concrètes dans lesquelles des relations non dominantes-soumises peuvent émerger, au sein de familles ou de petits groupes, comme ceux qui se retrouvent au CREA.


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